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Le premier article de cette rubrique est consacré au compost, le moyen le plus simple de rendre de la matière organique au sol. Un tas qui sent le pourri et tourne à l'aigre en décourage plus d'un. Le plus souvent, deux causes seulement sont en jeu : trop d'humidité et pas assez d'air. Voici la marche à suivre pour l'éviter.
Un bon tas de compost sent le sous-bois. S'il dégage une odeur d'œuf pourri, ce ne sont pas les déchets qui posent problème, mais le manque d'air.
Ce qu'il faut prévoir
- Un emplacement à mi-ombre, à même la terre et non sur du béton ou une bâche, pour que les vers et les micro-organismes puissent remonter du sol.
- Un bac, un composteur grillagé ou simplement un coin réservé : l'essentiel est de pouvoir accéder au tas de tous les côtés.
- Une réserve de matières « brunes » : feuilles mortes, paille, branches broyées, carton non glacé.
- Une source de matières « vertes » : tonte de gazon, fanes de plantes saines, épluchures de légumes.
- Une fourche ou un aérateur à compost pour mélanger.
- Un arrosoir ou un tuyau avec pomme d'arrosage pour humidifier le tas en période sèche.
Faites une base aérée
Disposez au fond de grosses branches ou des tiges grossières. Ce lit laisse passer l'air par le bas et empêche l'eau de stagner au contact du sol.
Exemple fictif : un jardinier pose au fond des cannes de framboisier et des tiges de tournesol, puis des feuilles par-dessus.
Alternez vert et brun
Les matières humides apportent azote et eau, les sèches apportent carbone et aération. Disposez-les en couches au lieu de tout déverser en vrac : une épaisse couche de tonte fraîche se tasse vite et fermente.
Exemple fictif : après la tonte, l'herbe n'est pas versée d'un coup mais mélangée aux feuilles de l'an dernier gardées en sacs.
Coupez ce qui est gros
Plus les morceaux sont petits, plus les micro-organismes les décomposent vite. Tranchez les tiges épaisses à la bêche ou au sécateur, et passez les branches au broyeur si vous en avez un.
Exemple fictif : les trognons de chou sont coupés en morceaux, sinon ils restent intacts dans le tas jusqu'à l'année suivante.
Surveillez l'humidité
La masse doit être humide comme une éponge essorée. Si de l'eau coule quand vous serrez une poignée, ajoutez des matières sèches ; si elle s'effrite comme de la poussière, arrosez.
Exemple fictif : après de longues pluies, une jardinière couvre le tas d'un couvercle en planches et y mélange du carton sec.
Retournez et aérez
De temps en temps, retournez le tas à la fourche en ramenant les couches extérieures vers le centre. L'air y pénètre et la décomposition se fait de façon homogène.
Exemple fictif : le compost est retourné à chaque fois qu'on y ajoute une grosse quantité de tonte fraîche.
N'y mettez pas n'importe quoi
N'ajoutez pas au tas ordinaire les plantes malades, les racines de vivaces envahissantes ou les adventices montées en graines, la viande, les os, les graisses ni les déjections d'animaux de compagnie : ils attirent les nuisibles, se décomposent mal ou propagent des maladies.
Exemple fictif : les fanes présentant des signes de maladie sont évacuées à part, seule la verdure saine va au tas.
Vérifiez la maturité
Un compost mûr est sombre, friable, sent la terre, et l'on n'y distingue plus les feuilles ni les tiges d'origine. Laissez mûrir une masse incomplète ou utilisez-la en paillis, mais pas dans les trous de plantation.
Exemple fictif : on tamise le tas mûr et l'on remet les gros morceaux dans un nouveau compost.
Erreurs fréquentes
- Ne mettre que de la tonte fraîche : elle se tasse et pourrit faute d'air.
- Installer le composteur sur une bâche ou dans un creux où l'eau s'accumule.
- Arroser le tas à chaque arrosage du potager.
- Mettre des plantes malades au compost ordinaire en comptant sur la chaleur pour tout « brûler ».
- Ne pas retourner la masse pendant des mois, puis s'étonner des mauvaises odeurs.
- Apporter au pied des plantes un compost immature où les déchets restent reconnaissables.
- Ajouter des déchets de cuisine d'origine animale qui attirent les rongeurs.
Autres solutions
- Si la place manque, utilisez un composteur fermé ou un bac avec couvercle.
- Les feuilles mortes peuvent être stockées à part dans des sacs percés : au bout d'un certain temps, vous obtiendrez du terreau de feuilles.
- Si vous ne voulez pas vous occuper d'un tas, essayez le compostage de surface : la matière organique est étalée en paillis directement sur la planche.
- Le compostage en tranchée : les déchets végétaux sont enterrés dans une rigole sur la future planche et sont en partie décomposés au moment de planter.
Faites le point
- Le tas est posé sur la terre, à mi-ombre, et facile d'accès.
- La base en tiges grossières ou en branches laisse passer l'air.
- Matières vertes et brunes sont mélangées, et non disposées en couches épaisses d'un seul type.
- Les gros morceaux sont coupés.
- L'humidité est celle d'une éponge essorée.
- La masse est retournée de temps en temps.
- Ni plantes malades ni déchets d'origine animale ne vont au tas.
- Le compost n'est épandu que lorsqu'il est sombre, friable et sent la terre.
Catalogue des articles pour les lecteurs francophones
Ce catalogue réunira des articles indépendants sur le sol pour les jardiniers et les potagistes : sa composition, sa fertilité, son travail et ses problèmes courants. Ils sont écrits spécialement pour la version française du guide, en tenant compte des climats que connaissent nos lecteurs, de l'été sec méditerranéen aux hivers humides de l'Ouest, et de leurs habitudes au jardin.
Pour l'instant, ce catalogue ne compte que l'article publié ci-dessus. Les autres textes s'ajouteront à cette liste dès qu'ils seront prêts.
Sur quoi travaille la rédaction
- Engrais verts : phacélie, moutarde ou trèfle, comment choisir selon sa planche et quand les faucher.
- Paillage au BRF, à la paille ou aux feuilles mortes : atouts et pièges de chaque matériau.
- Sols calcaires et sols acides de granit : reconnaître son terrain et adapter ses cultures.
- Bêche, grelinette ou non-travail du sol : ce que chaque approche change pour la terre.
- Été sec, hiver détrempé : garder un sol vivant face aux sécheresses et aux excès d'eau.
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Réponses courtes sur la composition et le type de sol, le compost, le paillage, les engrais verts, l'acidité et les engrais.
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Parcours de lecture : première saison au jardin, argile lourde, sable qui ne retient pas l'eau.
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Lexique : humus, texture, structure, pH, salinisation, tassement, paillage, engrais verts.
- Rubriques
Quatre thèmes : composition et types de sol, fertilité et matière organique, eau et air dans le sol, problèmes du sol.
Sources
- Ouvrages pédagogiques et encyclopédiques de science du sol
- ONU / FAO : documentation sur la Journée mondiale des sols et l'Année internationale des sols
Ce contenu reflète les connaissances générales en science du sol à la date de rédaction. Chaque terrain a son propre sol : avant de changer en profondeur votre façon de l'entretenir, il est utile de faire une analyse et de lire attentivement l'étiquette de tout produit que vous comptez apporter.